Tu travailles aujourd’hui avec l’UEFA… depuis Dax. Comment as-tu décroché ce poste au sein d’une entreprise et d’une équipe basée en Suisse ?
Principalement grâce à mon expérience mais à la base, je suis tombée dans le milieu des évènements à grande échelle par hasard !
Tout a commencé en 2017, j’habitais à Manchester et je venais de perdre mon travail. Je suis tombée sur une offre d’emploi pour une entreprise d’évènementiel sportif. Comme j’aime le sport et que j’avais un peu d’expérience dans l’évènementiel (au début de mes études je voulais être wedding planner), j’ai postulé et obtenu le poste… sans savoir que l’entreprise en question était un prestataire de service de la FIFA et que je m’apprêtais à apporter ma pierre à l’édifice pour la Coupe du Monde 2018 !
Ensuite tout s’est enchainé, […] j’ai rejoint l’équipe spécialisée dans les évènements de golf et travaillé sur la Ryder Cup 2018 à Paris ainsi que l’Open 2019 en Irlande.
Puis le Covid est arrivé, ce qui a été assez compliqué pour l’industrie de l’événementiel et je ne pensais plus avoir d’opportunités dans ce milieu, jusqu’à ce qu’un ancien collègue me contacte en 2021 pour m’informer que la FIFA recrutait à mon ancien poste. De nouveau, tout s’est enchainé, je suis partie vivre au Qatar pour participer à la Coupe du Monde 2022.
Et l’UEFA dans l’histoire ? Après cet évènement, mon contrat prenait fin (c’est un travail très cyclique). J’ai envoyé une candidature à l’UEFA qui recrutait pour l’Euro 2024… et de Doha j’ai atterri à Francfort en Allemagne ! Ça fait maintenant presque 3 ans que je travaille avec l’UEFA et pourvu que ça dure !
Ton parcours t’a menée de l’Angleterre au Qatar, puis en Allemagne avant un retour dans les Landes. Qu’est-ce qui t’a donné envie de poser tes valises ici ?
À la fin de l’Euro 2024, j’ai reçu une offre d’embauche pour rejoindre le siège de l’UEFA en Suisse. Mais après presque 10 ans dans les cartons et valises, j’avais vraiment besoin de stabilité et de rentrer auprès de ma famille.
Heureusement, mon manager de l’époque a accepté de me prendre en freelance, me permettant d’avoir l’emploi de mes rêves, chez moi, en France !
Tu coordonnes des projets liés à de grands événements sportifs internationaux. Comment décrirais-tu ton rôle pour que chacun.e comprenne ce que tu fais réellement derrière les coulisses ?
Les organisateurs d’évènements traitent avec 2 type de clients :
- Le grand public, qui n’a souvent pas d’autre besoin que d’acheter leur billet en ligne
- Et ce que nous appelons les « Group Sales » qui sont toutes les parties prenantes de l’événement comme le comité local organisateur, les équipes participantes, les fédérations membres, les employés, les sponsors, les médias, etc.
Mon travail consiste à gérer la relation clientèle avec ces « Group Sales », qui eux ont des besoins divers et variés comme : comment acheter des billets, quels sont leurs droits contractuels, comment se garer le jour du match, où peut-on assoir tel groupe de supporter dans le stade, est-il possible d’avoir des musiciens le jour du match et quels instruments sont autorisés dans le stade, y a-t-il une Fan zone, etc.
Tu évolues dans un univers très exclusif, que peu de gens approchent. Qu’est-ce qui t’émeut ou te rend particulièrement fière dans ton métier ?
Honnêtement, pendant plusieurs mois (voir années) après être entrée dans cette industrie, je me disais « pince-moi », je me rends bien compte de ma chance, et que cet emploi n’est pas classique.
Puis avec le temps, parce qu’on est souvent dans le feu de l’action, je me rends peut-être un peu moins compte du côté exceptionnel de la chose. De temps en temps quand je travaille dans un stade le jour de match, que je vois le bonheur des spectateurs, que je ressens l’ambiance (et là, il n’y a plus de distinction de groupe de clientèle, tout le monde s’amuse) je me rends bien compte de ma chance. Mais ce qui me touche le plus, c’est quand je suis spectatrice, que je regarde un match à la TV ou directement dans le stade :
Je me dis qu’une grande majorité des spectateurs est assise dans leur siège et vit cette expérience grâce à mon équipe et moi.
Je ressens une fierté et une émotion sans pareil (alors qu’à la base, je n’aime pas le foot et que je ne comprends pas vraiment ce qu’il se passe sur le terrain).
Tu travailles pour des compétitions masculines et depuis peu, féminines. Quel regard portes-tu sur l’essor des grands événements féminins à venir ?
Effectivement cette année, j’ai participé à l’organisation de mes 2 premiers évènements féminins, la finale de la Champions League féminine et l’Euro féminin 2025.
J’ai plusieurs collègues féminines qui aiment le foot depuis leur enfance et qui m’ont expliqué qu’elles auraient aimé que ce sport soit aussi accessible pour elles petites. Maintenant je vois des petites filles comme ma nièce, qui sont fans de foot et qui n’ont pas peur d’y jouer dans la cours de l’école ou de porter un maillot.
Je suis fière de travailler avec un organisme comme l’UEFA qui a à cœur de féminiser un sport très masculin, mais malgré tout, il y a encore un peu de chemin à parcourir. Il m’est arrivé de constater que l’engouement pour le football féminin n’est pas le même dans tous les pays et dans toutes les cultures. Le budget consacré n’est pas le même non plus. Mais malgré tout, l’euro de cet été, grâce à ses records d’audience et de vente de billets, nous prouve que le football féminin est en plein essor, et va continuer de conquérir de plus en plus de terrains !
J’ai déjà hâte d’être à l’Euro Féminin 2029 pour battre de nouveaux records !
Parmi toutes les missions que tu as vécues, y a-t-il une anecdote forte, peut-être inattendue, que tu as envie de partager ?
C’est difficile à dire ! À chaque évènement je vis des moments forts, mais je crois que le premier souvenir qui me vient en tête est en 2022, lorsque j’ai participé à un séminaire pour les équipes participantes à la Coupe du Monde et que j’ai croisé Didier Deschamps. J’ai aussi croisé Hervé Renard, mais n’étant absolument pas une fan de foot, je me suis rendue compte de qui j’avais croisé que plusieurs mois après, en regardant des matchs (rire).
Depuis que tu es en freelance, quel rôle joue le coworking à Pulseo dans ton équilibre et ta façon de travailler ?
Je suis une personne plutôt sociable et extravertie, alors quand je me suis retrouvée à travailler seule chez moi, ça a tout de suite été évident que j’avais besoin d’être dans un espace de coworking !
J’avais vraiment besoin de ce lien social, mais aussi d’avoir un cadre de travail : d’aller au travail le matin, de rentrer chez moi le soir et pas juste passer ma journée en leggings derrière mon PC. Je pense que c’est essentiel pour ma santé mentale.
Chez Pulseo tout le monde est très sympa, j’apprécie vraiment de pouvoir faire une pause-café ou de manger le midi avec les autres coworkers et parler d’autre chose que de travail. Je me rends compte que ça m’aide beaucoup à gérer mon stress et à décompresser quand le travail devient un peu chargé.
Tu as participé au Bootcamp “À Contre-Sens” porté par Landes Innovation avec Pulseo. Qu’est-ce que cette expérience t’a apporté, autant sur le fond que sur la découverte du territoire landais ?
Au départ, ce qui m’a attiré dans le Bootcamp ce sont les sujets abordés : le régénératif et notre impact sur l’écosystème qui nous entoure. L’avenir, l’écologie et la planète que nous laisserons à nos enfants sont des sujets qui me tiennent à cœur. Mais parfois, il est difficile de rester optimiste. Par exemple quand je
vois la quantité de plastique qui est encore produite, utilisée et jetée… ça me fait mal au ventre et j’ai l’impression qu’on ne s’en sortira jamais face à cette pollution. Le Bootcamp et les actions organisées par Pulseo m’aident à voir que tout n’est pas perdu, qu’il y a des solutions et qu’on peut encore conscientiser les gens. Par exemple, Blaise au fablab Makeo est en train de fabriquer des jeux de société collaboratifs pour les écoles afin de sensibiliser aux 3R : Réduire, Réutiliser, Recycler ! Je trouve l’idée géniale !
En dehors de ces sujets, le Bootcamp m’a aussi appris à mieux connaitre les landes. Ma famille habite ici depuis 2017, mais force est de constater que je suis encore une touriste !
Pendant l’évènement, il y avait plusieurs porteurs de projets locaux qui m’ont permis d’en apprendre plus sur le patrimoine landais. Certains projets visaient par exemple à réhabiliter la friche industrielle Bellocq/Adidas ou à régénérer le site du Lanot près de l’hôpital de Dax. J’ai notamment échangé avec l’association Gemme la Forêt qui m’a beaucoup appris sur l’industrie locale et ancienne qu’est le gemmage, mais qui est malheureusement de plus en plus oubliée à cause de l’import de résine sud-américaine. J’ai appris l’importance que cette production a, pour nos forêts entre autres.
« Ce que j’aime bien, c’est l’approche de Pulseo, pour le futur, l’écologie… Les déchets, le plastique me donnent mal au ventre : ici on essaie de trouver des solutions, on sensibilise les gens, et c’est pour cela que j’ai voulu participer au bootcamp. »
Tu évoques souvent le plaisir de rencontrer des gens et de créer du lien ici. Quel message aimerais-tu transmettre aux autres coworkers ou freelances qui hésitent à rejoindre un espace comme Pulseo ?
Lorsque j’ai choisi Pulseo comme espace de coworking je me suis basée sur des critères logistiques (le montant du loyer, l’emplacement, le parking) mais j’ai trouvé bien plus que ça !
L’ambiance ici est top, j’ai rencontré plein de monde (y compris mon conjoint) toujours prêt à sortir et à partager un moment, ce qui n’est pas négligeable quand on n’a pas de tissu social local en dehors de sa famille.
Ce qui est appréciable aussi, c’est qu’en tant qu’auto entrepreneuse depuis peu, je me retrouve souvent à faire des choses qui ne sont pas habituellement dans mon corps de métier (la compta, la facturation, la déclaration Urssaf, etc). Pulseo étant un centre d’affaires, il y a plein de personnes qui ont l’habitude d’aider les jeunes entreprises et qui sont toujours disponibles pour répondre à mes questions.
Et puis l’équipe de Pulseo essaye de véhiculer des valeurs qui me sont chères et organise régulièrement des évènements sur des sujets qui m’intéressent comme les ateliers créatifs du fablab, un don du sang, une formation aux premiers secours, un vide dressing …
Donc si je devais passer un message aux autres autoentrepreneurs ça serait : « Venez nous rejoindre, vous avez tout à y gagner ! »